Coup de cœur à Rio !

Certes ça n’est pas très original d’avoir un coup de cœur pour Rio, mais peu importe ! Nous voilà maintenant à chanter en permanence Dalida, Dario Moreno, ou à regarder le dessin animé Rio en boucle. Nous prévoyons même une sortie cinema 3D à Potosi pour Rio 2, ça fera également progresser notre espagnol ! Au moins comprenons nous bien maintenant la signification du mot saudade…

 

Aladin y a trouvé l’inspiration, alors branchez votre ordinateur sur la chaine Hifi, mettez le son à fond, et dansez !!!

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Au brésil, beauté et insouciance.

Du brésil nous n’avons vu qu’une infime partie : le sud principalement, et au pas de course. Difficile dans ces conditions bien sûr d’en faire un réel bilan. Il s’agit donc comme pour les autres pays de faire notre bilan, et le point sur les idées reçues que nous en avions. Et pour une fois, les belles images que nous avions du Brésil ont été un peu démontées. Si le pays est en effet des plus métissés, il semblerait par exemple que le mélange ne soit pas si simple et magique qu’il y paraisse, à moins de rester à sa place. Si le foot est bien omniprésent, nous attendons de voir comment se déroulera la coupe du monde. Les stades et infrastructures prévus n’étant parait il pas au point, comme nous l’a directement annoncé le chauffeur de taxi de porto Alegre. On a bien compris que pour l’instant les travaux rament et qu’il va falloir être efficace pour accueillir tout ce monde !

N’empêche, l’accueil de nos amis à Sao Paulo, le clou du spectacle, nous a ouvert les yeux sur l’insécurité du Brésil mais également confortés sur l’ambiance fiesta que nous imaginions. Nous y avons découvert le fabuleux carnaval de Sao Paulo, certainement l’égal de celui de Rio, même si nous n’avons profité que des défilés de rues, (les blocos) l’ambiance nous a bien captivés !

Par ailleurs, le séjour chez Dida bien que trop court restera un moment fort de notre voyage brésilien. Nous avons été surpris de découvrir des paysages et un climat qui par certains aspects nous rappelaient la France. Et nous avons surtout été heureux de rencontrer des gens investis et engagés pour le bien être de leur région et de ses habitants.

Mais surtout, surtout, nous avons découvert Rio et toute sa splendeur ! Dire que nous avons failli passer à côté de la plus belle ville du monde parce qu’à force de ne la voir qu’à travers la photo du Christ, Jérômine pensait que toute la ville était moche. Voilà une idée reçue levée, fort heureusement !

Rio la bohème

Cet article a été écrit à six mains. Les parties en italique sont écrites par Athéna et Indira.

Notre coup de foudre pour Rio ne s’arrête pas à ses vues cartes postales : corcovado, ipanema, pain de sucre que nous avons eu tant de plaisir à découvrir.
Il y a aussi le Rio Bohême qui nous a accueillis dès le premier jour. En haut de l’escalier Selaron entièrement revêtu de mosaïque rouge, la Casa da Gente nous ouvrait ses portes dans le quartier de Santa Teresa, plantant le décors : tableaux et statuettes art´recup, jardin terrasse avec vue sur le centro, petit dej´ bio de qualité. Et encore une fois, Santa Teresa nous rappela notre quartier (toute proportion gardée), avec sa lutte pour récupérer le tramway en réparation depuis deux ans, ses boutiques bohèmes d’artisans locaux, ses mélanges de population de petits pavillons d’artistes aux favelas non moins artistiques.
Nous avons d’ailleurs visité la favela Pereira Morrinho, accompagnées par Raphaël, guide brésilien francophone, expert en urbanisation et non moins expert en luttes sociales. Nous voulions compléter notre connaissance sur les quartiers pauvres, près de six mois après notre visite à Dharavi.
Les favelas connaissent un programme de pacification depuis une petite dizaine d’années, et il est donc maintenant possible pour nous d’en visiter, voire même d’habiter dans certaines d’entre elles.

Pendant la visite guidée, on a traversé les rues de la ville, dans la profondeur, elles étaient assez désertes et pas très chaleureuses. J’ai donc été poussée dans la pensée que c’était la Favela, même si ce n’était pas certain. Cependant une fois arrivées enfin dans le quartier pauvre, tout a beaucoup contrasté : la favela était bien plus propre et semblait toute neuve, malgré ses petites ruelles. Les maisons étaient toutes bétonnées, il y avait des caniveaux, des fenêtre neuves, des poteaux d’électricité et des petites épiceries, rien de plus normal. Or, on retrouvait quand même cette vieille ambiance de désertitude et de manque d’argent.

En avançant dans les ruelles on comprenait facilement que le quartier était installé sur la flanc d’une colline de Rio. De temps à autres on tombait sur de petits temples hauts comme une maison de poupée qui renfermaient plusieurs dieux et déesses de différentes religions et modelés à la main par un artisan du coin. C’est aussi en descendant que nous retrouvions légèrement l’atmosphère de Dharavi : l’odeur d’abandon de la nature nous montait au nez et les déchets trainaient par terre, sans non plus les montagnes de plastiques et de déchets de Dhravi. Les toits n’étaient plus en béton mais en tôles ondulées et certains murs étaient en tissus, comme si nous étions passés des quartiers riches aux quartiers pauvres de la Favela. Cependant au bas de la colline on trouvait plus d’artisanat, des murs étaient décorés par des fonds de bouteilles en plastique, peintes ou non. C’est tout en bas que nous sommes tombés sur le merveilleux projet de Morrinho.

Bien évidemment, nous ne nous imaginions pas avoir une si belle vue depuis les rues de cette favela, mais nous nous imaginions encore moins voir ce que nous avons vu : le projet Morrinho. Nous avons eu l’impression d’arriver au cœur de France miniature, mais version Rio. Rio miniature si vous préférez. Des dizaines de briques de toutes sortes tassées ingénieusement sur une petite colline de la favela. Avec des guirlandes qui servent de lampadaires miniatures, quand la nuit arrive. Guirlandes = coloré, mais les briques elles-mêmes étaient peintes en des milliers de couleurs, et donnaient un air chaleureux et festif. Rio miniature, avec des personnages en lego qui traversaient les rues de cette ville.

Au départ, ce projet n’était pas un projet, mais une simple occupation des enfants de la favela. Ils s’amusaient à créer de petites maisons pour les personnages en lego qu’ils avaient faits. Petit à petit, un quartier s’est créé, une ville. Avec le corcovado, les téléphériques, et le pain de sucre plus ou moins fidèles à la réalité. Evidemment, nous étions étonnées, émerveillées. Plusieurs touristes qui visitaient comme nous cette favela, sont tombés nez à nez avec cette merveille colorée. Et des journalistes, aussi. Eux se sont chargés de faire connaître cette création. Grace à ces journalistes talentueux, le projet a voyagé dans le monde, Paris, New York, Barcelone. Les enfants les plus investis ont eu le droit à un voyage de mérite, dans l’unique but de démontrer le projet à d’autres personnes dans le monde. Ils n’avaient que quelques jours pour refaire une seconde ville miniature dans la ville de la destination, car le projet Morrinho lui même ne voyage pas. Chaque exposition est donc unique, et augmente ainsi la richesse du projet Morrinho original !

 

C’est complètement l’carnaval !!

Avouons-le, à force de laisser place à nos idées reçues, nous étions plutôt incultes sur le carnaval de Sao Paulo, et même de Rio. Ce n’est que quelques jours avant d’arriver que nous avons compris que tout se passait au sambodrome. Enfin pas tout bien sûr puisque les blocos, groupes de musique de carnaval, animent les rues pendant quinze jours. Les places au sambodrome étant trop chères pour un budget de tourdumondistes que nous sommes, nous avons eu plaisir à découvrir cette ambiance de rue toute la semaine durant. L’ambiance est festive et bon enfant, chacun reprenant en chœur les tubes de carnaval, que l’on retrouve d’un bloco à l’autre.

« C’est complètement le carnaval ! » déclarait Vénus au bout d’une semaine, exténuée par la fête !

Mister Brazil

Arrivés au sommet de la plus grande foret urbaine du monde, la vue était belle !! Au loin, Sao Paulo…

Et devant, un homme posait. La scène était belle, j’ai eu envie de faire une photo. C’était Mister Brazil Sao Paulo, il m’a donné sa carte ! Cool 😉

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Vila Madalena, Sao Paulo

Cet article est dédicacé à Mathias et Adriana, pour des raisons évidentes !

Pour une fois qu’on arrive dans un pays avec que de bons a priori, Mathias, notre ami de Sao Paulo n’a pas mis longtemps à nous semer le doute… Sas de sécurité dans son immeuble, voiture blindée comme tous les brésiliens, il nous mettait au courant des règles de sécurité de base, dès notre arrivée : ici au Brésil, si on se fait braquer, on baisse les yeux et on donne tout. On ne s’amuse pas à dire qu’on a oublié le code de la carte bleue… Bon, nous on était assez crevés par notre long périple, et on a bien sûr apprécié de rester tranquillement chez Mathias et Adriana, à se faire chouchouter avec de bons repas, et profiter de leur piscine. Et on a a quand même bien visité leur quartier, puisque de toutes façons, Sao Paulo est tellement grande qu’on ne peut pas tout voir !

Et puis j’ai quand même vérifié sur internet, sans non plus faire une investigation incroyable, et j’ai vu que Sao Paulo avait un taux de criminalité nettement inférieur à Rio par exemple… Alors, que les dangers soient réels, ou créent simplement un sentiment d’insécurité, le résultat est qu’on n’ose pas trop se promener dans les rues, à Sao Paulo, et qu’on prend donc toujours sa voiture. La vie de quartier serait donc plutôt réduite, si ça n’était un petit groupe motivé qui transforme les places publiques en jardin potager, et milite pour reconquérir l’espace public. C’est bien évidemment cet aspect que j’ai retenu et qui m’a plu à Vila Madalena, le quartier de Mathias et d’Adriana, un des quartiers de Sao Paulo à lutter encore contre la verticalité : les graffitis sur les murs, les passages piétons alternatifs, le yarn bombing ou encore knit graffiti (mais si, vous savez bien, les graffitis au crochet !), les boutiques bohèmes qui redonnent envie de se promener à pied, l’arbre en contreplaqué qui m’a rappelé le jardin partagé de la plage arrière… Oui on a aimé Sao Paulo, et on remercie encore Adriana et Mathias de nous l’avoir fait découvrir !

Acolhida na colônia

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Sur la route de Sao Paulo, que nous voulions atteindre pour le carnaval, nous avons quand même pris le temps de nous arrêter à la campagne. C’est à Santa Rosa de Lima que nous avions un contact d’accueil à la ferme. Nous avons donc logé chez Dida, qui vit seule dans sa pousada depuis la mort de son mari, et qui trouve son équilibre entre production de miel, et accueil touristique.